StrayBirds - Peinture Chinoise

StrayBirds  -  Peinture Chinoise

Découvertes


Inspiration philatélique

 

 

Voici un chapitre complètement timbré,

source d'inspiration pour la peinture chinoise !

  

- collection personnelle -

 

 

Grands peintres

 

 

 

 

 

 

 

Pandas et bambous

 

 

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Enveloppes avec timbres et médailles plaquées or / argent.

 

Gravure : Wu Zuoren     Design : Deng Xiqing

 

 

 

 

 

 

 

Oeuvres de Zheng Xie (1693-1765)

 

 

 

 

 

Fleurs et oiseaux

 

 

 

 

 

 

 

  

 

Peintures de Wu Changshuo (1844-1927) - Peintre, calligraphe, graveur de sceaux :

 

 

 

 

 

 

Paysages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Personnages

 

 

 

 

 

 

Zodiaque

 

2016

 

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2015

 

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2014

 

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 2013

 

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2012

 

 

 

 

2011

 

 

 

 

2010

 

 

 

 

2009

 

 

 

 

2008

 

 

 

 

2007

 

 

 

 

2006

 

 

 

Édition spéciale - Carte peinte par Li Zhongyao

 

 

 

 

2005

 

 

 

 


01/12/2012
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Exposition au Musée Guimet, Paris

 

Le Musée Guimet à Paris, consacré aux Arts Asiatiques, a ouvert une exposition intitulée Rochers de Lettrés, en juin 2012.

 

 

 

logo guimet

 

Rochers de lettrés, itinéraires de l'art en Chine

Du 28 mars au 25 juin 2012

 

 

Cette exposition d’envergure internationale enrichie de prêts exceptionnels provenant de Chine et des Etats-Unis, avait pour objectif de rendre accessible au public le goût des lettrés chinois pour les rochers en le confrontant à une trentaine de ces pierres pluri-millénaires choisies et chéries par des générations de lettrés.

 

 

Au total, une centaine d’objets furent exposés, car outre les pierres d’autres objets étaient exposés, ceux qui accompagnent depuis toujours les activités des lettrés, peintres et calligraphes de par leur formation, bien sûr, mais aussi et surtout du fait de leur sensibilité personnelle : pots à pinceaux, pierres à encre, pose-pinceaux etc.

 

Les pierres qui portent en elles les forces telluriques de l’univers, ont reçu des noms poétiques comme « racines de nuages » ou encore, « os de la terre » On dit aussi qu’elles étaient des pans de la voûte céleste tombés sur notre sol.

 

Ainsi, s’il est clair que leur présence physique ne peut pas ne pas provoquer d’émotion chez un public désormais sensibilisé à l’art abstrait, c’est également l’arrière plan philosophique, poétique et mythique chinois dont elles sont les témoins que l’on exposait aux visiteurs de cette exposition.

Ces dernières caractéristiques appartiennent précisément à ce qu’il est convenu d’appeler « l’esprit lettré ».

La plupart des pierres, objets de lettrés et mobilier proviennent de la collection personnelle du lettré chinois contemporain Zeng Xiaojun (né en 1954), sans la générosité duquel cette expostion n’aurait pu avoir lieu et qui nous a offert  en outre  le privilège de découvrir les étonnantes peintures et créations plastiques dont il est l’auteur.

 

Peintures de rochers et de paysages inspirés par les pierres ponctuaient donc cet ensemble où les oeuvres classiques côtoyaient des peintures contemporaines témoins de la permanence de l’esprit lettré dans la Grande Chine d’aujourd’hui. Et, de même que la première partie de l’exposition permettait de rencontrer l’esprit et les créations de Zeng Xiaojun, la dernière, consacrée au peintre chinois contemporain Liu Dan (né en 1953) nous invitait à la découverte des nombreuses facettes d’une oeuvre monumentale.

 

Vidéo de présentation de cette exposition ici :

http://www.guimet.fr/sites/rochers_de_lettres/film.html

 

 

 Un rocher, certes, est une entité stable.

Pourtant il faut le représenter comme une présence aussi mobile que le souffle, aussi fluide que l'eau.

Cela ne s'explique pas aisément par des mots ; au peintre de le sentir.

Les Anciens donnaient au rocher le nom de "racines des nuages" ; ils disaient aussi que les rochers, à l'aspect tourmenté ou joyeux, fantastique ou paisible, semblent changer de physionomie à chaque instant.

On voit par là que l'esprit du rocher est tout de mobilité et de fluidité.

Wang Chih-Yuan (dynastie Tsing)

 

 

 Shen Zhou, Le poète sur la montagne

 

 


20/05/2012
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Voyage auprès des Maîtres de la peinture chinoise

 

 Chang Dai-chen - 张大千 "Zhang Daqian" (1899-1983)

 

Zhang Daqian portrait.gif

 

Zhang Daqian fut l'un des plus grands peintres chinois du XXème siècle.

Après avoir acquis une grande réputation en Chine, il part pour l'occident dans les années 50.

Au milieu des années 60, il s'installe en Californie avec son épouse, Chang Hsu Wen-po. L'artiste racontait qu'il trouvait là l'inspiration parmi les cyprès et les pins qui poussent dans cette région.

 

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Ce peintre s’est d’abord fait connaître en reproduisant, comme il se doit dans un parcours traditionnel, les grandes œuvres de l’art classique chinois, avec un talent tel qu’on a pu confondre l’original et la copie. Avant d’y insuffler sa propre marque, avec des apports de la modernité.

Il a exposé à Paris, au Jeu de Paume, en ... 1933.

En 1956, il rencontre Picasso à Antibes, et les deux peintres échangent des tableaux.

 

Zhang Daqian portrait III.jpg Zhang Daqian 1899-1983.jpg


 

Le style artistique de Zhang Daqian a connu principalement trois phases d'évolution : avant l'âge de 40 ans, il a suivi la voie des anciens ; de 40 à 60 ans, il a suivi la voie de la nature ; après 60 ans, il a suivi la voie du cœur.

 

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En 2011 il détrône Picasso au rang des artistes les mieux côtés sur le marché de l'art international.

 

Article Qi Baishi Zhang Daqian.JPG

 

Voici la traduction d'un passage extrait d'un recueil d'essais de l'écrivain Wan Zengqi, publié en 1993. Il relate une rencontre entre les deux géants de la peinture : le peintre Zhang Daqian et Pablo Picasso (1881-1973). 

 

« Picasso était arrivé avec cinq cartons à dessins remplis d'une trentaine de peintures.

- Voilà ce que m'a inspiré Qi Baishi, l'un des plus grands peintres de chez vous, lança-t-il à Zhang Daqian. Dites-moi ce que vous en pensez !

Il s'agissait effectivement de lavis à l'encre de Chine, très proches par le sujet des oeuvres de Qi Baishi : des oiseaux, des insectes, des poissons. Mais bien vite Zhang Daqian prit un air contrarié tandis qu'il continuait de les examiner. Après quelques compliments d'usage, il fit comme s'il avait oublié à qui il avait affaire et bien que Picasso fût son aîné de près de vingt ans - il avait déjà plus de 70 ans -, il lui dévoila le fond de sa pensée :

- On distingue tout de suite dans votre travail que vous maniez le pinceau avec vigueur, dit-il, mais, voyez-vous, il y a un très gros problème : vous ignorez tout de la façon correcte d'utiliser un pinceau chinois ! Et c'est pareil pour l'encre, continua-t-il en désignant les travaux de Picasso, tous vos traits sont semblables, aucune nuance !

Nullement affecté par ces critiques mais au contraire vivement intéressé, Pablo Picasso, poussant une chaise du pied s'assit face au maître chinois, comme pour l'inviter à poursuivre.

- C'est que, voyez-vous, le pinceau chinois est très différent du pinceau occidental. Il peut être aussi bien souple que ferme, s'imbiber d'une immense ou bien d'une infime quantité d'eau, en restant toujours extrêmement maniable sur le papier. C'est uniquement grâce à lui que l'artiste peut composer ses peintures en tirant parti des "cinq teintes de l'encre de Chine" : Le sec (jiao). le concentré (nong), l'épais (zhong). le clair (dan), le dilué (qing). Bien utilisées, ces cinq nuances peuvent, à elles seules, représenter toutes les matières. les couleurs, les lumières de ce monde.

Puis, Zhang Daqian conclut :

- Quand on sait cela, et en Chine cette conception est reine depuis des dizaines de générations, on mesure à quel point il est nécessaire de maîtriser avant tout le maniement du pinceau et de l'encre si l'on veut s'essayer à la peinture chinoise... ».

 

 


 

  

 Yun Shouping - "Nantian" (1633-1690)

 

 

 

 

Yun Shouping fait partie des six grands maîtres du début de la dynastie Qing. Il est aussi l'un des principaux peintres de l'école, novatrice en son temps, de Changzhou, spécialisée dans la peinture de végétaux, des oiseaux et des insectes.

Avec un style appelé "sans os" (meigu), ses subtiles nuances de couleurs et la multitude de petits traits d'encre savent évoquer à merveille le souffle de la vie.

 

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Fichier:Yun Shouping, Old Trees and Bamboo after Ni Zan.jpg

 


 

 

 

Chu Ta - "Bada Shanren" (1626-1705)

 

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Chu Ta, dernier prince Ming, porta beaucoup de surnoms tout au long de sa vie, mais le plus connu dans l'histoire de la peinture est celui-ci qu'il utilisa pour la première fois à l'âge de cinquante-neuf ans, pour signer un tableau : Bada Shanren.

 

Après l'invasion manchoue, qui décima sa famille, il se réfugia dans un temple et devint moine, peintre et calligraphe. Il vécut pauvre, longtemps inconnu, fuyant la notoriété, à la recherche d'une spiritualité où il trouvait les racines de son art. C'est ainsi qu'il devint pour la postérité le "maître du grand noir ".

Puisqu'il fut reconverti au bouddhisme à vingt-trois ans et passa la moitié de sa vie à l'école de la méditation Zen, les générations futures lui donnèrent aussi le titre de « peintre-moine ».


Bada Shanren signifie, en chinois classique, le montagnard libre de tous soucis (ce nom se base sur les huit principes de libération de l'âme selon le bouddhisme).
Telle est sa conception de la vie, issue de ses connaissances obtenues après une trentaine d'années de pratique de la pensée du bouddhisme Zen, dans une vie pleine de souffrances. Désormais sa création artistique entra dans la période la plus abondante et la plus originale de sa vie. Il fut le grand maître du lavis à l'encre, à grands traits, du XVIIème siècle, nous laissant une grande quantité de chefs-d'œuvre.

Le style très varié, mais aussi très rythmique, mis en parfaite harmonie avec la nature raffinée, fut le fruit de la combinaison naturelle entre une recherche inlassable de toute une vie et de la compréhension de l'inspiration et de la dextérité. Telle est l'originalité de Bada Shanren qui le rendit unique et irremplaçable dans l'histoire de la peinture classique chinoise.

  

 

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 Shitao, le moine "Citrouille-Amère" (1641-1720?)

 

   

 

  

Shitao ("Vague de pierre") fut un peintre de la dynastie Qing. Il fut aussi calligraphe, poète, architecte jardinier, tout en ayant endossé l'habit de moine dans sa jeunesse.

 

Son œuvre, composée notamment de paysages et de motifs végétaux, exprime avec simplicité des thèmes complexes, comme l'immensité du monde ou la beauté de la vie. Son nom de naissance était Zhū Rùojí et son nom de moine Dàojì.

Parfois boudé dans les milieux lettrés en Chine, Shitao est célèbre en Occident par son traité "Les propos sur la peinture du moine Citrouille-Amère".

 

Fichier:Shitao0.jpg

 

        

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Xu Wei (1521-1593)

 

 

 

Xú Wèi, alias Wenqing, est un peintre chinois de la dynastie Ming connu pour ses coups de pinceau rapides et expressifs. Il s'inscrit dans la voie des peintres excentriques. Révolutionnaire à son époque, il a influencé de manière posthume de nombreux peintres comme Zhu Da, les Huit Excentriques de Yangzhou ou le peintre contemporain Qi Baishi.

 

   Moine au repos

 

Xú Wèi excellait dans la peinture de fleurs et d'oiseaux ; il avait également une grande maîtrise de la peinture de paysages et de personnages, le lavis à l'encre de Chine et la peinture à larges traits. Ses tableaux vigoureux, pleins d'exubérance, font preuve d'une adresse artistique élevée.

 

                         Lotus et oiseau 

"L'ordre existe dans le désordre"

"Le chaos ne donne pas l'impression du chaos"

 

Xú Wèi inscrivait souvent un poème ou une phrase sur ses tableaux pour exprimer ses idées politiques. Sa calligraphie, comme sa peinture, a une vigueur stupéfiante.

 

 

 

Xú Wèi n'eut pas beaucoup de succès durant sa vie et mourut dans la pauvreté.

Nombreuses sont les œuvres de Xú Wèi qui nous sont parvenues. Comme ce peintre jouit d'une grande renommée dans l'histoire de la peinture chinoise, ses œuvres sont très appréciées par les collectionneurs de nos jours.

 

                                                                                                                    

   


 

  

Qi Baishi (1864-1957)

 

 

La vie quasi centenaire de Qi Baishi (Ch'i Pai Shih), le charpentier de village devenu un artiste renommé, est en quelque sorte légendaire.

Au xxe siècle, alors que la plupart des artistes chinois luttaient pour le maintien de la peinture traditionnelle, Qi Baishi s'est engagé dans la voie tracée par Xu Wei, Bada shanren, Shitao et son prédécesseur immédiat Wu Changshi. Peintre autodidacte, né d'une famille de paysans pauvres du sud de Xiangtan dans la province de Hunan, il a su apporter un sang nouveau à la peinture chinoise traditionnelle qui avait perdu depuis un certain temps sa vitalité et sa puissance créatrice.

 

 

 

 

 

 

 

              


 

 

Wang Wei (701-761)

 

 Wang Wei: Snowy Stream       Wang Wei: Fu Sheng Expounding the Classic

 

 

Wang Wei  est un poète, peintre et musicien chinois de la période Tang.

 

Amoureux de la nature, ce dernier est surtout connu dans l'histoire de la peinture chinoise pour avoir inventé le paysage monochrome à l'encre, exécuté selon la technique du lavis. C'est en effet à partir du milieu de la période Tang que la peinture chinoise s'intéresse de plus en plus à l'aspect expressif du trait, au détriment de la couleur.

 

On a aussi attribué à Wang Wei un traité sur la peinture. Il s'intéresse notamment au problème des proportions et de l'effacement des détails avec la distance. C'est aussi dans ce traité qu'est exprimé pour la première fois le principe selon lequel « l'idée précède le pinceau », principe maintes fois repris par la suite.

 

On remarque en outre l'œil du peintre dans sa poésie, par l'intérêt porté aux couleurs et aux distances. Cette double activité est à l'origine de l'idée essentielle de la création artistique en Chine, selon laquelle la poésie s'identifie à la peinture et inversement.

Su Dongpo, sous les Song, est le premier à formuler cette idée à propos de Wang Wei :

 

Quand je savoure un poème de Wang Wei, j'y trouve une peinture,

Quand je contemple une peinture de Wang Wei, j'y trouve un poème.

 

  


 

 

Zhang Zao (VIIIème siècle)

 

 

Zhang Zao ou Chang Tsao ou Tchang Tsao, est un peintre chinois du VIIIème siècle. Ses dates de naissance et de décès ne sont pas connues.

 

 

Zhang Zao est un peintre de paysages, inspiré et excentrique, dont l'activité se situe à la seconde moitié du VIIIème siècle. Avec Wang Wei, il fait du paysage un mode d'expression lyrique, intime et excentrique à l'usage des lettrés. Secrétaire adjoint, bien connu dans les milieux lettrés de son époque, c'est un paysagiste renommé qui se jette, dit-on, dans un véritable état de transe lorsqu'il travaille. Il manie deux pinceaux à la fois, dessinant une branche pleine de vie avec l'un et un vieux tronc pourrissant avec l'autre. Quand on lui demande qui lui a transmis cette technique, il répond : « À l'extérieur, j'ai pris modèle sur la création, et au-dedans, j'ai trouvé la source de mon propre esprit". Critique d'art, Zhang Yanyuan précise qu'il sait se servir d'un pinceau en poil de lapin à la pointe dépouillée et qu'avec la paume de la main, il frotte les couleurs.

Vu de l'extérieur, c'est comme chaotique. Il joue avec l'encre, peut-on lire. Sa force défie la pluie et le vent : les branches coupées obliquement, leur aspect rugueux comme des écailles, répondent à sa pensée en toute liberté. Ses rochers sont pointus, on entend le grondement des eaux ; ses premiers plans sont oppressants. On reconnaît dans son attitude et ses procédés l'influence du bouddhisme Zen.

 

 

Une réputation reconnue

 

Une tendance au non-conformisme émerge dès le milieu du huitième siècle. Élève de Zheng Qian (actif au VIIIème siècle), Zhang Zao est considéré comme le peintre lettré le plus accompli de son époque ; un grand nombre d'écrivains Tang illustres, dont Fu Zai, mentionnent son immense réputation. On considère alors qu'il surpasse tous les maîtres anciens et contemporains dans la peinture de pins et de rochers, et il montre les mêmes talents dans ses compositions de vastes paysages – « conférant une beauté luxuriante tant aux hauteurs qu'aux basses terres, et superposant profondeur sur profondeur à l'intérieur d'un espace de trois ou quatre centimètres ».

 

 

Démonstration racontée

 

Fu Zai décrit de façon vivante son œuvre et sa manière de peindre. Il rapporte qu'un jour Zhang se rend à un banquet sans y avoir été convié. Demandant brusquement de la soie neuve à l'hôte, il déploie son art extraordinaire devant vingt-quatre invités.
Au beau milieu de la pièce, il s'assoit, les jambes étendues, respire profondément, et son inspiration commence à jaillir. L'assistance est autant médusée que si des éclairs zébraient le ciel ou qu'une tornade s'y déchaînait. Ravageant la soie, s'étirant, s'étalant dans toutes les directions, l'encre semble fuser de son pinceau ailé. Il frappe dans ses mains avec un bruit de craquement. Se divisant et s'assemblant, d'étranges formes naissent soudain de sa peinture. Enfin terminée, des pins se dressent, squameux et fendus, des escarpements abrupts et des précipices, des cours d'eau clairs et des nuages tourmentés. Il jette son pinceau, se relève, lance un regard circulaire. Il semble que le ciel se soit éclairci après un orage, pour révéler la véritable essence de dix mille choses.

 

 

Encres et paysages éclaboussés

 

Zhang Zao, fonctionnaire d'un certain rang vers la fin du VIIIe siècle, émerveille ses contemporains par l'étrangeté de sa manière de peindre. Quand il peint des pins et des rochers, il utilise des pinceaux usés ou frotte la toile de ses mains. Il obtient n'importe quel prix de ses peintures. Inquiet de ce succès insolite, le peintre des pins et des rochers le plus réputé de l'époque, Bi Hong, lui demande à qui il doit ses méthodes : « À l'extérieur, répond Zhang Zao, je me mets à l'école de la création. À l'intérieur, je capte la source de mon propre esprit ». Bi Hong met alors son pinceau de côté. Peut-on prétendre égaler un peintre qui rejoint la vie à son point de jaillissement ? Zhang Zao travaille avec une liberté totale, aussi peut-il manier deux pinceaux à la fois.

À le voir travailler ainsi, le poète Fu Zai conclut : « Ceci n'est plus de la peinture, c'est le Tao lui-même qui opère. Ce que la main réalise répond à ce que lui dicte le cœur ».

Peindre est l'acte d'un esprit unifié. Zhang Zao semble doté d'un pouvoir universel de réalisation qu'il puise à la source. La technique de Zhang Zao est inimitable. Dans l'élan du vol, son pinceau semble cracher l'encre et des formes insolites surgissent. Il semble encore que Zhang Zao pousse plus loin que Wang Wei le don de faire « naître d'étranges merveilles à la pointe de son pinceau ». Il peint en « rompant » par des touches d'encre sombres le fond pâle du lavis. La trace du coup de pinceau doit rester invisible sans que cesse de s'exercer l'activité structurante du trait.

Le pinceau et l'encre sont entre eux comme le Yin et le Yang, leur mode d'activité est opposé et complémentaire. « Zhang Zao peint des arbres et des rochers animés par le qi (le souffle, l'esprit) et le Yun (la résonance) à la fois. Grâce au maniement parfait du pinceau et de l'encre, il obtient des effets d'une extrême subtilité. Il attache peu d'importance aux cinq couleurs ». Il sait qu'en mettant à profit les variations infinies de l'encre, on peut obtenir des effets sans cesse nouveaux.

 

[extrait d'un article de Wikipédia]

 

 

 


06/01/2012
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L'Art va vous surprendre...

 

19 février 2015 : Année de la chèvre !

 

 

 


 

 

L'artiste Liu Bolin, connu en tant qu'homme invisible, parvient à se fondre dans l'environnement, évoquant peut-être la place ambiguë de l'individu dans la société chinoise... 

Né en 1973 dans la province de Shandong, il obtient sa licence en Beaux-Arts au Collège de Shandong Arts en 1995 et son Master à l'Académie centrale des Beaux-Arts de Beijing en 2001. Artiste contestataire connu internationalement pour ses photos de lui-même dissimulé dans ses paysages, il expose dans les musées à travers le monde.

 

 

 

 

 


 

 

Le sucre peut aussi remplacer la peinture...

Une autre forme de talent créatif, à savourer sans modération !

 

 

 

 


 

 

Dans la culture chinoise, le dragon, contrairement à sa représentation occidentale,

symbolise la bienveillance et le courage, la persévérance et la réussite.

Il est peint ici avec la sphère d'énergie qu'il serre traditionnellement dans ses griffes.

 


 

Un Lion de mer du zoo de Ningbo

est capable de dessiner le caractère Niú (boeuf).

Surnommé Peter, notre calligraphe à moustache célébra ainsi à sa manière,

en février 2009, le Nouvel An Chinois.

 

lion de mer calligraphe

 

lion de mer calligraphe

 

Peter poussa le professionnalisme jusqu'à apposer son propre sceau sur son œuvre.

 

  (Vu sur http://www.chine-nouvelle.com ) 

 

 

 


 

 

 

 L'artiste Yuming Zhu, dans un exercice de calligraphie étonnant.

Calligraphie, chorégraphie ?

Quand on parle de la danse du pinceau sur le papier...

 

 

  

 


 

Ye Genyou, jeune prodige de la calligraphie chinoise,

en démonstration à Changsha.

Il est capable de tenir simultanément et manier indépendamment

5 pinceaux pour écrire 5 caractères différents.

 

 

 

Cinq pinceaux en parallèle, deux dans chaque main et un dans la bouche.

Des autorités en calligraphie chinoise reconnaissent à son tracé la qualité,

le rythme et la vigueur d'un calligraphe traditionnel.

 

 

 

Ye Genyou, originaire de Hangzhou,

est l'inventeur de cette technique de calligraphie chinoise qu'il pratique depuis plus de 12 ans.

Son record actuel de 39 secondes pour calligraphier les cinq caractères 春江花月夜

(titre d'un poème Tang dédié à la lune) lui permet de figurer dans le Livre Guinness des records.

 

 


 

 

ENSO

 

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«Enso» signifie «cercle» en japonais.

 

Un «enso» est une peinture à l’encre représentant un cercle fait d’un seul trait, par les moines, pendant la méditation. Il symbolise le bouddhisme zen.

 

Ce geste circulaire est un thème courant en art oriental. Il représente la force, l’illumination, l’élégance, l’univers, l'infini… Un cercle ouvert symbolise que l’enso n’est pas indépendant, mais qu’il fait partie d’un tout.

Dessiner un enso signifie travailler simultanément avec la spontanéité et la perfection dans l’exécution.

 

Le cercle, simplement tracé au pinceau, délimite un espace vital, protecteur.

 

 


 

 

L'orchidée dans la peinture chinoise

 

La représentation de l'orchidée répond à des exigences de composition codifiées et précises.

 

Les longues feuilles de l'orchidée sont peintes selon une règle de composition qui permet de rendre le maximum de grâce, de légereté et de force à la peinture. Par groupe de trois, la première feuille tracée s'appelle la nouvelle lune, la deuxième est l'oeil du phénix (fong-yen), la troisième vient traverser l'oeil. Poétique, n'est-ce pas ?

 

Trois pétales proches, deux autres écartés lorsque la fleur est épanouie, trois points pour les étamines, une tige fine et élégante... voilà pour la fleur.

 

Les différentes épaisseurs  des traits à l'encre ont aussi des noms évocateurs : la queue de rat, l'abdomen de la mante, la tête de perche, les poissons allant manger dans la même direction...

Une interruption du trait évoque "l'idée présente, le pinceau absent" ; tout l'art du Vide et du Plein dans la peinture chinoise...

 

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06/01/2012
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Les Maîtres nous invitent à la méditation

 


 

 Au milieu de l'océan de l'encre, il faut établir fermement l'esprit.

A la pointe du pinceau, que s'affirme et surgisse la vie.

Sur la surface de la peinture s'opère une complète métamorphose.

 

Shitao 1641-1720 (Les propos sur la peinture du Moine Citrouille-Amère)

 


 

 De l'inspiration 

 

Avant de prendre le pinceau, il faut que la pression de l'inspiration soit haute.

Avant de peindre, toute la question est de cultiver l'inspiration, soit en contemplant les nuages et les sources, soit en observant les fleurs et les oiseaux, soit en se promenant et en récitant des poèmes, soit en brûlant de l'encens et en buvant du thé. Dès que l'esprit a trouvé, que la main démange et que l'inspiration jaillit, il faut déployer papier et pinceau. Quand l'inspiration est épuisée, il faut s'arrêter de peindre et ne reprendre que quand elle revient.

                                                                                                                Wang Yu (fin XVII°, début XVIII°) 

 


Interruptions 

 

Les choses doivent être à la fois présentes et absentes ; on n'en voit que le haut ou le bas.

Tout l'art de l'exécution est dans ces notations fragmentaires et ces interruptions.

Le coup de pinceau s'interrompt pour mieux se charger de sous-entendus.

Partout le vide doit s'entremêler avec le plein.

 

                                                                                                               Wang Wei (699-759) - Li Rihua (1565-1635)

 


 Libre et détaché 

 

En peinture, rien n'est plus merveilleux que cette nonchalance détachée qui, dans une composition éparse, répand par degrés le jeu des taches et du lavis, créant un effet d'élégance et de grâce, et communiquant ainsi un délicieux sentiment d'allégresse. 

 

                                                         Zhang Feng, peintre solitaire (actif vers 1636-1674, époque Qing) 

 


 

 Le surgissement de la vie habite le geste des grands maîtres

 

 

J'ai observé (chez les maîtres) le jeu des terminaisons en pointe et en goutte, les effets du tonnerre qui roule, de la pierre qui chute dans l'abîme, les mouvements de l'oie sauvage qui vole à tire-d'aile et celui de la bête effarée qui se cabre, l'allure du phénix qui danse dans les airs et celle du serpent qui se dresse en sifflant, les figures de la falaise abrupte et de pics dénudés. […] Tout cela va bien au-delà de ce que l'effort peut produire, et s'égale au grand surgissement merveilleux.

  

                                                                 Sun Guoting (environ 648-703, Tang) - Traité de Calligraphie

 


 

En union avec la calligraphie

 

Bien que la peinture et la calligraphie se présentent concrètement comme deux disciplines différentes, leur accomplissement n'en est pas moins de même essence.

Le Ciel donne à l'homme dans la mesure où l'homme est capable de recevoir. Le don est grand pour qui a grande sagesse ; le don est médiocre pour qui a médiocre sagesse. Ainsi, depuis toujours, l'origine de la calligraphie et de la peinture est céleste, et son achèvement est humain. 

 

                                                                   

 

Procédés

 

La rupture : créer un univers qui soit pur de toute souillure de la banalité vulgaire ; montagnes, rivières, arbres ne sont livrés que partiellement, amputés de l'une ou l'autre extrémité ; partout, aucun coup de pinceau qui ne soit abruptement interrompu...

 

Le vertige : il s'agit d'exprimer un univers inaccessible à l'homme, sans nulle route qui y mène, telles ces îles montagneuses du Bohai, Penglai et Fanghu où seuls les Immortels peuvent résider, mais que le commun des hommes ne peut imaginer ; cela, c'est le vertige tel qu'il existe dans l'univers naturel ; pour l'exprimer en peinture, il n'y a qu'à montrer des cimes escarpées, des précipices, des passerelles suspendues, des gouffres extraordinaires. Pour que l'effet soit vraiment merveilleux, il faut faire voir toute la force du coup de pinceau.

 

                                                                    Shitao (1641-1720?) - Les Propos du Moine Citrouille Amère

 

 

 

 


 

A l'opposé de l'artisan qui se contente de reproduire des apparences formelles extérieures, le peintre proprement dit, c'est-à-dire le lettré, transcrit le contenu de son "coeur". La question de la création picturale n'est donc ni technique ni même esthétique : c'est une question éthique et philosophique. Peindre est difficile avant de peindre.

 

Au-dehors, je me mets à l'école du Créateur,

au-dedans je capte la source de mon coeur.

 

Zhang Zao (peintre du VIII° siècle)

 

Les objets ne sont pas saisis par la perception des sens :

ils sont enclos dans l'habitacle de l'âme ;

c'est pourquoi la main ne fait que répondre à ce que le peintre a saisi dans son coeur.

 

Fu Zai (poète, actif au milieu du VIII° siècle, il a écrit sur l'art de Zhang Zao)

 

 


 

 

 Quand je savoure un poème de Wang Wei, j'y trouve une peinture,

quand je contemple une peinture de Wang Wei, j'y trouve un poème.

 

Les poèmes de Du Fu sont des peintures invisibles,

et les peintures de Han Gan sont des poèmes muets.

 

Su Dongpo (1037-1101), dynastie Song

 

 

 


 

 

C'est le moine Hua Kuang qui, le premier, a peint les prunus à l'encre.

Dans le jardin de son monastère, il en avait planté quelques pieds. Chaque fois que venait le temps de la floraison, il transportait aussitôt son lit sous les arbres et chantait des poèmes tout le jour.

Nul ne pouvait sonder la profondeur de son plaisir.

Certaines nuits de lune, ... il regardait s'entrecroiser sur son volet les ombres légères des branches fleuries. Il cherchait alors avec son pinceau à en reproduire les formes. A l'aube, il pouvait contempler l'oeuvre achevée...

Elle contenait vraiment l'ineffable essence des fleurs.

 

Préface du traité de Hua Kuang sur les prunus (dynastie Sung) - extrait

 

 


 

Peindre les fleurs de prunus,

c'est faire le portrait d'un homme supérieur ou d'une belle femme.

Sachez utiliser des traits simples et dépouillés pour en souligner l'élévation d'âme,

des traits subtils et délicats pour en révéler la beauté éthérée.

 

Cha Li (dynastie Ts'ing)

 

 

 


 

Deux moments cruciaux dans l'exécution d'un tableau : le commencement et la fin.

Le commencement doit être à l'image d'un cavalier lancé au galop ; celui-ci éprouve la sensation de pouvoir à tout moment freiner le cheval sans l'arrêter tout à fait.

La fin, elle, doit ressembler à une mer qui reçoit tous les cours d'eau qui se déversent en elle ; celle-ci donne l'impression de pouvoir tout contenir,

tout en étant menacée de débordement.

 

Wang Yü (fin XVII°-début XVIII° ; dynastie Ts'ing)

 


L'art de l'encre, comme il est magique et quasi surnaturel !

C'est avec les six nuances de l'encre (sèche, mouillée, claire, foncée, blanche, noire)

que le peintre tente de recréer les vibrations

des innombrables phénomènes de la Création.

 

Pu Yen-tu (XVIII° siècle - dynastie Ts'ing)

 


 

Lorsqu'un pin croît, il suit une certaine courbe sans jamais paraître se déformer.

Son feuillage peut être abondant ou clairsemé, sa couleur peut hésiter entre vert et émeraude, son désir constant, dès l'époque où il n'était encore que jeune pousse,

est de s'élever toujours davantage.

En cet arbre s'incarne la vertu des sages.

 

Ching Hao (X° siècle - cinq dynasties)

 

 


 

 

 La montagne a les cours d'eau pour artères, les arbres et les herbes pour chevelure, les brumes et les nuages pour expression. Ainsi, la montagne doit à l'eau sa vie, aux arbres et aux herbes sa beauté, aux brumes et aux nuages son mystère.

L'eau, elle, a la montagne pour visage...

 

Kuo Hsi (1001-1090), un des plus grands peintres de paysage de la dynastie Sung

 


 

A propos de la peinture de dragon :

 

Pu Yen Tu (18ème siècle, dynastie Ts'ing) Réputé pour son enseignement sur l'histoire et la théorie de l'art.

  

"Toutes choses sous le ciel comportent leur double aspect visible-invisible. Le visible incarnant ce qui est manifesté au-dehors, relève du Yang ;

l'invisible, recelant ce qui est caché à l'intérieur, relève du Yin.

 

Prenons un dragon qui sort de son repaire aquatique et s'envole dans le ciel. S'il se montre à nu tout entier, de quel mystère peut-il s'envelopper ? Le spectateur qui lève la tête pour l'observer aura tôt fait de le détailler : voici la tête, voici la queue, voici encore la barbe et les griffes...

Une fois sa curiosité satisfaite, il s'en désintéresserait.

 

Aussi un vrai dragon se dissimule-t-il toujours derrière les nuages.

Charriant vents et pluies, il s'élance fulgurant ; virevolte, superbe.

Tantôt il fait briller un pan de ses écailles, tantôt il laisse pendre un bout de sa queue.

Le spectateur médusé, les yeux écarquillés, n'en pourra jamais faire le tour.

C'est bien par son visible-invisible que le dragon exerce

son infini pouvoir de fascination."

 

 

 


 

 

Oui, en peinture on n'insiste jamais assez sur l'importance du vide.

Il y a le grand Vide et les petits vides par quoi l'espace se contracte et se dilate à souhait. C'est en faisant allusion à cela que les Anciens disaient :

"L'espace peut être rempli au point que l'air semble ne plus y passer,

tout en contenant des vides tels que des chevaux peuvent y gambader à l'aise !"

 

 

Huang Pin Hung (1864-1955, dynastie Ts'ing)

 

                         Paysage peint en 1948


 

La peinture parfait l'action civilisatrice des Sages

et concourt à l'établissement de relations justes entre les hommes.

Car l'art pictural tire son origine, non point de l'ingéniosité humaine,

mais de l'ordre du Ciel même.

 

Chang Yen Yuan (dynastie Tang)

 

 


 

 

Chant des pins qui palpitent, chant de l'eau qui s'écoule, nuage blanc survolant la cime sans se disperser, haut pic rejoignant le ciel sans s'arrêter... Tout cela forme un univers autre - autre aussi le soleil et autre la lune.

J'y fais des randonnées sans limites ; je m'y perds sans regret.

 

Youn Shouping (dynastie Tsing)

 

Paysage de Youn Shouping (1633-1690)

 

 

 


 

 

En s'en prenant à la montagne, la peinture trouve son âme

En s'en prenant à l'eau, elle trouve son mouvement

En s'en prenant aux forêts, elle trouve la vie

En s'en prenant aux personnages, elle trouve l'aisance.

 

Shitao, le moine "Citrouille-Amère" (1641-1720?)

 

 


 

 

L'art du pinceau, comme il est subtil !

En traçant les traits, le peintre doit avoir souci d'introduire de la courbe au sein d'un trait droit, de la force au sein d'un trait léger, du vide au sein d'un trait plein, de la sécheresse au sein d'un trait mouillé

et de la substance charnelle au sein d'un trait sec.

 

Tung Ch'i (dynastie Tsing)

 

 

 


 

La peinture est sacrée. Elle scrute ce que le Ciel et la Terre ne montrent pas

et révèle ce que le soleil et la lune n'éclairent pas.

 

Chu Ching-hsüan (dynastie Tang)

 

 

 


 

  

 

Conversation entre un jeune peintre et le Maître Bada Shanren :

 

 

 

- Comment dois-je m'y prendre pour développer mon propre style ? s'enquit le jeune peintre. (...)

 

- Je suis comme je suis, je peins comme je peins. Je n'ai pas de méthode, je ne songe pas à être original, je ne suis que moi-même. (...)

 

- Mais ne devrais-je pas apprendre de mes précurseurs avant de m'élancer, ne serait-ce que pour atteindre leur niveau ? demande le disciple.

 

- En parlant de la sorte, tu oublies qu'à côté de tous ces modèles-là, tu en as un propre, toi-même. Tu existes comme tu es. Tu ne peux pas porter la barbe des anciens. Tu dois essayer d'être ta vie et non la mort d'un autre. De là découle que la meilleure méthode pour peindre est de ne pas avoir de méthode du tout. Même si le pinceau, l'encre, le dessin, tout est faux, ce qui caractérise ton Moi n'en reste pas moins conservé. Ce n'est pas au pinceau de te manier, c'est à toi de manier le pinceau.

 

 

 Richard Weihe, Mer d'encre (Éditions Jacqueline Chambon)

 

 

   


 

 

 

Entretien entre les peintres Chu Ta et Huan Anping :

 

  Chu Ta est devenu le Maître Bada Shanren (1626-1705) , appelé aussi Geshan, Xuege, Chuanqi...

 

  

Huan Anping dit :

 

- Quand tu plonges ton pinceau dans l'encre, tu le plonges dans ton âme. Et quand tu diriges le pinceau, c'est ton esprit qui le dirige. Sans profondeur et sans abondance, ton encre manque d'âme ; sans direction et sans vitalité, ton pinceau manque d'esprit. L'un reçoit de l'autre. Le trait reçoit de l'encre, l'encre reçoit du pinceau, le pinceau reçoit du poignet et le poignet reçoit de ton esprit conducteur. C'est cela, maîtriser la puissance de l'encre et du pinceau. 

 

Richard Weihe, Mer d'encre (Éditions Jacqueline Chambon)

 

  

 

 Lotus - attribué à Bada Shanren

 

 

 


 

 

Dans son ode au luth, le poète-musicien Yung-men disait : "On est prié de s'asseoir et d'ouïr ce que murmure mon luth."

Comme je voudrais, moi aussi, qu'un connaisseur sache entendre le chant jailli de mon tableau.

 

                                                                              Yun Shou-ping (1633-1690), dynastie Tsing

 

 



06/01/2012
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